Lien entre les amis du poète et écrivain Michel Baglin
8 Août 2021
Petite approche
Il m’est arrivé plusieurs fois de rencontrer quelqu’un sans jamais le voir, Michel Baglin est de ceux-là et c’est lui qui m’a virtuellement tendu la main.
Ce vagabond de l’écriture avait un site littéraire où il offrait un espace aux critiques. En belle complicité avec Lucien Wasselin, Michel regroupa les articles attentifs du poète et chroniqueur qui s’était penché sur mes ouvrages, même quand il s’agissait de sourire en connivence avec les pêchous de la cale. J’ai vite compris qu’il avait lui aussi la simplicité tenace. J’ai appris à le lire entre les mots de ses courriels où il se confiait furtivement. Il arrive que des rails parallèles au loin de l’enfance se rejoignent.
La revue Texture fut un labyrinthe accueillant. Sur mon site je gardais chaque fois une trace qu’un lien reliait à la revue.
Désormais le lien s’ouvre sur 4O4 nOt fOund
TrOus nOirs trOublants pour rappeler que le marcheur Michel de l’autre côté du tunnel a franchi l’illusion.
Quand il décida de créer Les Poèmes du mois, en septembre 2017, de présenter un poète décédé et l’autre bien vivant, il me demanda de bien vouloir être la première vivante, en compagnie de Lucien Becker ( 1911-1984). Il choisit et fait vibrer ses choix. Il s’approche simplement du cœur. Il m’a donné l’impression que j’existais.
Chaque envoi mensuel est accompagné d’un extrait puisé dans Les Chants du Regard, un poème Baglin attelé à une photo Dieuzaide. Les mots et l’image se regardent, tremblent ensemble, rayonnent, se haussent, s’ouvrent, ensemble se referment. L’un éclaire la beauté simple à l’arrêt dans l’image.
J’ai approché plusieurs des ouvrages de Michel, j’ai entrevu sa palette de sentiments, les antennes en éveil de l’anti-lèches-bottes. Quelques jours avant le 7 juillet 2019, il me disait être confiant, deux dames l’accompagnaient et veillaient sur lui, son épouse et la Garonnette…Peu après, sa boîte de réception saturée refluait toute approche.
J’ai compris que les rails de l’enfance l’avaient mené de l’autre côté de la vie. Je n’ai jamais entendu son rire, laissez-moi l’imaginer.
Guénane Cade
Surpris
les mots se contractent
s’atrophient
choisissent l’aphasie.
Si en toi par magie se déploie
la douceur du soir
dispense-toi de penser.
Protège cet instant
sa réponse parfaite
ses résonances multiples
si près de l’essentiel.
Extrait de La sagesse est toujours en retard (Rougerie )