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TEXTURE       Les amis de Michel Baglin

Lien entre les amis du poète et écrivain Michel Baglin

HISTOIRE DE TEXTURE VERSION PAPIER (1)

HISTOIRE DE TEXTURE VERSION PAPIER (1)

Après avoir publié trois recueils et quelques poèmes en revues, Michel Baglin a estimé qu’il pouvait se lancer dans l’aventure de « revuiste au long cours». Il résidait alors à Auch où il était journaliste pour La Dépêche du Midi. Il découvrait toute la richesse de la production poétique de cette époque à travers de multiples publications artisanales mais surtout par des rencontres déterminantes. La plus importante semble être celle de Pierre Gabriel. Cet autodidacte distillateur d’armagnac vivait à Condom non loin d’Auch. Sa poésie lyrique et maîtrisée avait tout pour plaire à Michel. De plus, il imprimait sur une presse à bras de modestes cahiers tirés à 150 exemplaires. Cette revue intitulée Haut Pays a proposé, de 1967 à 1980, seize numéros avec, pour chacune de ces livraisons, douze poèmes de douze poètes contemporains différents. Ainsi a-t-on pu y lire des auteurs tels que Senghor, Guillevic, Seghers, Rousselot, ou Andrée Chédid mais aussi Puel, Sabatier, Borne ou Malrieu sans compter avec des « débutants » de cette époque tels que Lambersy, Dhainaut ou Ancet.

C’est donc durant l’hiver 79/80 que parut la première livraison de Texture. La revue se présentait au format A5 sous couverture cartonnée avec 24 pages agrafées. Le sommaire regroupait huit personnes et pouvait déjà refléter la personnalité et les goûts du responsable. On y trouvait quatre poètes-revuistes chevronnés : Henri Heurtebise (Multiples), Philippe Marchal (Travers), Jean-Paul Mestas (Jalons) et Pierre Gabriel (Haut Pays). On y lisait aussi l’un des premiers textes de Pierre Autin-Grenier, découvert et publié pour la première fois en 1978 par Henri Heurtebise. On pouvait y lire encore le grand et discret Pierre Dhainaut ainsi qu’un mystérieux O.N. et, bien entendu, le maître d’œuvre de Texture.

Dès ce premier numéro, le ton était donné et la locomotive Baglin était sur les rails, prête à tirer des dizaines de wagons, 160 en tout, participants et participantes à cette belle aventure. Le cap était fixé par Michel grâce à une parenthèse ouverte par un éditorial de deux pages mais surtout fermée par une petite chronique finale intitulée « Un mot-refuge » qui pourrait se lire comme un manifeste.

 

Le numéro 2 de Texture parut au printemps 1980. Sur le thème fédérateur de « L’exil », il rassemblait les écrits de quatorze auteurs parmi lesquels deux autres revuistes, Serge Pey (Emeute) et Michel-François Lavaur (Traces).

Avec le N°3, c’est le poète Georges Drano qui fut choisi par Michel pour inaugurer une formule qui devait être par la suite la marque de fabrique de Texture, à savoir un fronton de présentation avec interview, bibliographie, choix de textes du poète retenu. On y lisait encore deux autres poètes-revuistes : Pierre Béarn (La Passerelle) et Pascal Commère (Noah) ainsi que des « satellites » de l’École de Rochefort : Marcel Béalu, Géo Norge et Max Alhau.

HISTOIRE DE TEXTURE VERSION PAPIER (1)

Une radioscopie complète de Texture serait à faire. Résumons-nous à quelques chiffres et à quelques bilans. Texture eut 35 numéros pour 32 volumes car il y eut trois numéros doubles. L’ensemble compte 1130 pages. Quinze chroniqueurs ont présenté 488 ouvrages (plaquettes, livres, revues, anthologies,…). Parmi les critiques, on relève, « en tête de gondole », Baglin (303 lectures), Cathalo (102), Coatalem (30), Prat (14),… Les poètes les plus « chroniqués » furent les suivants : Pierre Gabriel, Yves Heurté, François de Cornière, Jacques Canut, Jean Rousselot, Pierre Autin-Grenier, Pierre Dhainaut, Gabriel Cousin, Daniel Biga, Gaston Puel,…On voit là quels ont été les choix et les goûts des critiques de Texture. Signalons encore qu’un minuscule bulletin ne contenant que des notes de lecture et se présentant sous la forme d’un simple feuillet recto-verso fut annexé à la revue durant 11 numéros, de 1982 à 1985.

 

C’est en 1989, alors que Texture comptait plusieurs centaines d’abonnés, que Michel décida de saborder sa revue. Accaparé par son métier de journaliste et débordé par les courriers et par les projets, il souhaita terminer cette aventure avec un numéro double, le 34/35. Cette livraison qu’il préfaça s’intitulait « Lignes de charge » et j’en étais l’auteur… Ou plutôt non : c’est Michel qui, ayant découvert que mes précédentes publications poétiques étaient épuisées, avait seul décidé de reprendre en partie presque tous ces poèmes et de les donner à lire. Ainsi, disait-il, « la boucle est bouclée »… C’était sa façon à lui de dire merci.

               Georges Cathalo

 

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