Lien entre les amis du poète et écrivain Michel Baglin
23 Juillet 2026
En suivant paisiblement son sentier poétique, Christian Bulting a construit une œuvre digne de respect en plus de 50 ans de publications et une bonne quarantaine d’ouvrages. Il y a chez lui une touche reconnaissable avec des poèmes amples dont le titre n’apparaît souvent qu’en fin de texte. Il y a aussi une atmosphère à la Alain Souchon, cocktail de mélancolie et de nostalgie où les vivants et les morts sont évoqués en toute simplicité. Ce sont souvent des souvenirs fédérateurs pour évoquer un frère, un père ou un cousin plombier car « Une fois encore / La machine à remonter le temps / Se met en route ». Bulting n’oublie pas ses compagnons en poésie : le grand aîné Yves Cosson, l’alter ego Gilles Pajot, Norbert Lelubre, doyen des poètes nantais ou encore le délicat Guy Bellay. Ceux qu’il nomme « les chers morts » sont parfois bien plus vivants que les zombies contemporains que l’on croise un peu partout. Grand connaisseur de la chanson vivante, le poète retrouve ses passions partagées ; cela va de Léonard Cohen à Pierre Perret, de Patti Smith à Francis Cabrel ou de Paul Mac Cartney à Jean Ferrat. Et puis il y a ces obligations acceptées comme vider la maison familiale, rendre une visite rituelle et déchirante à sa mère en EPHAD. « En attendant le tour du monde / J’ai fait le tour de mon jardin » pour s’étonner de la simple beauté d’une « petite fleur bleue » tout en n’étant pas dupe car le poète sait bien « qu’on ne remonte le temps que mentalement ».
Il n’est pas bon d’écrire ainsi quand on n’a rien à
Dire il y a tant à faire tant à vivre tant
De routes à ouvrir pas besoin d’aller loin
Regarder autour de soi dans un jardin déjà
Les liens entre l’oiseau et la haie le cerisier
Et le ciel le mimosa et les narines
Il suffit d’être là dans la fraîcheur du matin
Le corps à l’écoute de la vibration de la
Terre à la place qui est la sienne dans
L’univers ni plus ni moins que le brin d’herbe
…/…
(extrait de L’araignée)
On en a rêvé
Et tout à coup elle est là
Dans les yeux
La grande bleue
Elle étend sa couleur unie
Jusqu’à l’horizon
Le regard s’apaise
Prend le rythme du temps long
Oublie la terre et ses chagrins
Tout s’ouvre enfin
La grande bleue
Les forces alliées, 108 pages, 11 euros , Gros Textes éd. Fontfourane, 05380 Châteauroux-les-Alpes ou contact@grostextes.fr
Georges Cathalo