Lien entre les amis du poète et écrivain Michel Baglin
20 Novembre 2025
Dans ce recueil qui est son douzième, Pierre Maubé se confie et nous livre l’intime d’un amour passé.
Si cette histoire amoureuse se termine par un désamour, le poète revient à sa source et nous transporte avec allégresse vers la naissance de cet amour incandescent et jeune encore.
« Vous aimer, neuf et riche de vous aimer,
Neuf comme la pluie sur la mer,
Riche comme la mer sous la pluie. »
Cette femme aimée, toujours vouvoyée, jamais nommée et pourtant si proche, traverse les pages, les saisons et le temps car cet amour a « la simplicité du vent et la violence de la neige. » Il est à la fois l’eau et le feu. Il est tissé de silences, et « tient lieu de paroles ».
Mais l’amour s’éloigne, et le présent se conjugue au passé.
« Les nuits d’antan étaient des nuits heureuses,
Les jours d’antan étaient des jours heureux. »
Avec un lyrisme aux paroles consolantes, au style sobre, Pierre Maubé convoque la nature pour nous conter ces amours mortes
« Ce temps qui fut le nôtre,
ces reflets
d’oiseaux vers la mer en-allée. »
« Cet amour », « l’amour parfait », « L’amour que j’ai pour vous », le pouvoir poétique de ces anaphores intensifie la puissance de cet amour
Mais de cet amour que reste-t-il en somme ? Les souvenirs s’éloignent tandis que la lettre est restée inachevée.
En exergue, Pierre Maubé écrit : « Le poème parle à chacun et à tous, il parle de chacun et de tous, il témoigne pour chacun et pour tous. » Nul doute que ces vers réveilleront en chacun de nous le souvenir de quelques amours défuntes que seule la poésie a le pouvoir de garder vivantes.
Régine Bernot-Philippe
« Cette Rive », 80p. 16€ Éditions Illador