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TEXTURE       Les amis de Michel Baglin

Lien entre les amis du poète et écrivain Michel Baglin

QUELQUE PART AILLEURS PAR ANNIE CHRISTAU

QUELQUE PART AILLEURS PAR ANNIE CHRISTAU

On a toujours besoin d’ailleurs nous dit Annie Christau, mais ce désir d’ailleurs ressemble étrangement à une fuite « loin de la clameur des villes/ loin des violences d’un monde ». La poétesse possède cette faculté de partir sans vraiment partir. Elle est de cette race de gens qui savent le secret des voyages immobiles, ceux dont Jacques Prévert disait : « Il y a des gens qui peuvent être ailleurs quand ils veulent, ils n'ont pas besoin d'avoir un passeport. »

Nul besoin de papier tamponné pour s’ouvrir à la nature, se frotter aux petits bonheurs et vivre une joie simple, sans fard, même si planent les ombres de ce mal de vivre que l’on débusque au détour d’une phrase.

« Rien n’est plus simple que la vie/ pourtant il est si difficile de vivre »

Comment « approcher l’harmonie du monde » ? quête sans issue mais sans amertume de notre poétesse qui nous livre sa mélancolie et sa solitude avec une confiance d’enfant.

Malgré les tourments, malgré le froid, « l’essentiel c’est de vivre, il est toujours temps de construire », et c’est l’espoir qui jaillit des petites choses du quotidien.

Lorsqu’elle nous fait l’aveu d’être « cette femme apeurée…dans les torsions du chagrin » il y a ce sursaut d’espérance qui laisse entrevoir cette énergie de vivre.

Telle cette branche « entre deux bleus », Annie Christau tâtonne à la recherche de son chemin « bras tendus entre songe et solitude » Car oui, ce pays où elle nous entraîne est un pays rêvé, une contrée de liberté coincée entre deux mondes.

La nature, très présente tout du long de ce recueil, joue la partition de l’apaisement et de la confiance « Sur le miroir du ruisseau/ S’ouvre le chemin », cette nature à laquelle s’abreuve celle qui aime « le gris de la pluie. »

Les mots ont beaucoup d’importance pour Annie Christau, ces mots qui lui permettent de voyager et d’échapper pour un temps au poids du quotidien.

« Il y a dans l’interstice des mots, cette ombre lumineuse, intime et sacrée qui unit nos souffles et donne des ailes ».

Et puis ce dernier vers, porteur d’espoir dans l’infinitésimal : « Une aiguille de pin apprend à nager / Dans une flaque d’eau. »

                        Régine Bernot-Philippe

 

"Quelque part ailleurs" 108 p. 10€, Édilivre, disponible en librairie

QUELQUE PART AILLEURS PAR ANNIE CHRISTAU
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