Lien entre les amis du poète et écrivain Michel Baglin
24 Décembre 2021
Le samedi 20 novembre avait lieu à Seilh, où vivait notre ami Michel, la première Journée poétique organisée par l’association Texture Les Amis de Michel Baglin.
C’est autour de notre invitée, la poétesse Jacqueline Saint-Jean, que quelques poètes locaux s’étaient rassemblés pour un petit et sympathique salon de la poésie. Étaient là pour présenter leurs recueils à un public gourmand de mots Georges Cathalo, Alain Noblet, Patrick Peynot et Casimir Prat. Venu de Narbonne, Jacques Ibanès, à la fois chanteur compositeur et auteur, proposait ses livres et ses disques tandis que Jackie Baglin présentait quelques-unes des œuvres de Michel.
Ce petit salon de la poésie est le prélude d’une manifestation plus importante où l’on pourra rencontrer de nombreux auteurs et poètes d’Occitanie et d’ailleurs. Ce Salon des Poètes devrait se tenir fin 2022 ou courant 2023 dans le nouveau lieu de rencontre de la commune : l’espace Ferrat.
L’après-midi s’est poursuivi avec une soirée poétique intitulée :
« CHEMINS D’ENCRE, CHEMINS DE BORD : VOYAGE EN POESIE ».
Didier Castera, maire de Seilh, nous a fait l’honneur d’introduire cette soirée à laquelle les Seilhois ont participé en nombre.
Hommage au poète trop tôt disparu, des textes de Michel Baglin extraits de « Je suis Brassens » (Jacques André éditeur) et « Jour et nuit » (La Malle d’Aurore) ont été lus par Jacques Ibanès et Régine Bernot. Des chansons de Brassens, Cadou, Ferré, Apollinaire ont ponctué ces moments de lecture.
Instant d’émotion à l’écoute des poèmes de Michel Baglin
Avec la nuit,
une complicité de hasard
réchauffe des paroles
qui bâillonnent les heures,
immolent,
avec ou sans emphase,
le temps surfait
des gestes asservis.
« Jour et nuit » La Malle d’Aurore 2019
Invitée d'honneur de la soirée, le public a pu découvrir l’œuvre importante de Jacqueline Saint-Jean ainsi que ses sources d’inspiration grâce au dialogue initié par Alain Noblet avec la poétesse qui a lu quelques extraits de ses textes. (Derniers recueils parus : « Hôpital des poupées » Editions Alcyone et « Matière ardente » Editions Les Solicendristes)
Régine Bernot-Philippe
«MATIÈRE ARDENTE » DE JACQUELINE SAINT-JEAN
Entre les pages de Matière ardente, Jelle est de retour. Jelle, femme mystérieuse, celle qui est toutes les femmes, de l’intime à l’universelle, le « Je » et le « Elle » et qui interroge l’avenir en écoutant nos voix
« Encore une arche dit Jelle
Vers ces brumes blanches
Où quelqu’un appelle »
Et dans ce « siècle qui (nous) percute de ses impacts violents », nous devons continuer à chercher la lumière. Mémoire ensevelie dans les soubresauts du monde, dans ce « magma spasmodique » où l’histoire fait ployer les nuques.
Et même si « aucun poème n’apprivoise les cris », si tout n’est que fragilité, il suffira de peu « un mot de neige », pour que perdure le vivant.
Malgré ce corps qui s’alourdit, malgré la maladie et « la mort qui rôde », Jelle se tourne vers le jour qu’elle interroge, elle « veut porter l’écho de l’errance humaine »
La mer, chère à la poétesse bretonne, est présente, qui apparait en filigrane car, si la femme finit par s’effacer, dissoute dans « les temps d’avant nous », « tout retourne à la mer »
L’écriture aérienne et profonde de Jacqueline Saint-Jean interroge la vie, le temps qui passe et la mort. Elle nous plonge avec délicatesse dans la mémoire des femmes, de toutes les femmes.
Un recueil ardent qui nous touche par sa beauté épurée.
« Reste une sanguine
Une encre qui s’obstine
Au palimpseste du temps »
Ces derniers vers fusionnent merveilleusement avec l’œuvre picturale d’Henri Tramoy qui illustre ce recueil et où se mêlent rouge ardent, gris et noir.
Régine Bernot-Philippe
Matière ardente Compositions plastiques : Henri Tramoy
Éditions Les solicendristes , 58 p. 15€