Lien entre les amis du poète et écrivain Michel Baglin
29 Janvier 2021
En découvrant ce titre, « Dormances », on peut penser que Werner Lambersy nous parle de vie ralentie, de grand sommeil.
« Longtemps/J’ai rêvé mon âme/Je ne sais /Toujours rien d’elle/Mais le monde a fait/Le nécessaire/Il m’a montré la place/Vide/Comment attendre/Et quoi. »
Pourtant, au gré des pages, la vie est là qui s’agite et s’ébruite au son « des maracas des planètes »
L’amour se faufile d’un poème l’autre, « l’amour est en feu/ L’amour est en flamme » mais aussi « Le bois flotté du sexe et de l’amour ». Pourtant, la vieillesse est là et avec elle la mort qui s’invite entre agitation du monde et endormissement.
Le poète s’interroge encore et toujours sur l’existence de Dieu:
« Dieu ne fait pas problème/Il se débrouille/Seul »
On ne peut évoquer le poète sans parler de la dimension sociale et du désenchantement qui perce :
« On lance/Des paquebots qui ne/sont pas beaux/Vers des villes des îles/Qu’ils détruisent/En payant »
Les peintures de Sylvie Lobato qui illustrent ce recueil entrent en résonance avec l’écriture de Werner Lambersy. L’artiste peint des corps libres, voluptueux, qui nous captivent par leur singularité. Il y a des fêlures et des mystères dans ces dessins autant que dans les mots du poème.
« L’écriture est un cheval/Qui doit ruer dans/Le pinceau »
Tout du long, j’ai été frappée par la justesse de ton d’une langue dépouillée et façonnée d’émotion d’un poète qu’il faut lire, absolument.
Régine Bernot-Philippe
Dormances avec des peintures de Sylvie Lobato 56 p. 14 € Éditions Le Réalgar