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TEXTURE       Les amis de Michel Baglin

Lien entre les amis du poète et écrivain Michel Baglin

GRAPHIES DE VOLODYMYR KARATCHENTSEV

GRAPHIES DE VOLODYMYR KARATCHENTSEV

 Volodymyr Karatchyntsev est poète, essayiste, traducteur et journaliste. Il est né en 1950 à Lviv, cité ancienne inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco, espace de civilisation aux racines multiculturelles profondes, capitale culturelle de l’Ukraine contemporaine. Une ville qui a influencé son penchant pour l’étude des langues, son intérêt professionnel pour la culturologie, les relations internationales et la poésie. D’où ses études des langues étrangères à l’université Ivan Franko de Lviv, l’occupation de postes dans le département de la culture de la région de Lviv, sa nomination de vice-directeur général de la Galerie nationale d’art et aussi vingt ans de carrière diplomatique dans divers pays (notamment Consul général d’Ukraine à Naples).
   Il s’est reconnu poète dès l’âge de douze ans, mais c’est à l’université, ayant lu les œuvres de Breton et Tzara, Michaux et Queneau, Frénaud, Éluard, Guillevic et de tant d’autres, que son  écriture poétique a subi une forte influence touchant à la révélation. Sa carrière de fonctionnaire d’Etat ne lui laissant pas le temps de suivre sa vocation, il a commencé à publier ses œuvres assez tard. Parmi elles, des livres d’essais,L’Italie comme état d’âme,Jour huitième, (IIIème Prix au Concours national Lion ailé, 2019), des livres de poésie, ChromosomesVisible invisible, (Prix international Skovoroda. Jardin des chansons divines, 2019). Ses traductions de Paul Éluard et de l’auteur norvégien Odd Børretzen sur l’histoire du peuple norvégien (Det norskefolks bedrøvelige liv og historie) ont été publiées dans la revue littéraire Vsesvit. Il est aujourd’hui directeur du journal Pulse de Stavropigeon (histoire, culture, littérature) à Lviv.

                         Sylvestre Clancier

Volodymyr et Sylvestre

Volodymyr et Sylvestre

     Graphies

 

1

rescapé

assis sur la terrasse au coucher du soleil qui me sourit

à travers les branches grises des cerisiers

je regarde les montagnes bleues foncées

leurs sommets respirent des nuages et s’imprègnent du brouillard

comme des veaux nouveaux nés sentent le vent

boivent avidement le lait du matin

 

tellement paisible est ce paysage

on pourrait dire tchékhovien

c’est ce qui provoque aujourd’hui un sourire car son Diadia Vania

va bientôt donner le nom aux McDonalds supprimés à Moscou

on en parle

pauvre Tchekhov s’il le savait

s’il pouvait imaginer un Big Diadia ruminé juste après un verre de torboyau

c’est drôle la vie au néant

 

pourtant je parle de ce monde des montagnes au coucher du soleil

tellement saine et limpide est cette vue qui fait penser être loin de la guerre

seuls des corbeaux aux allures fracassantes se disputent

ce morceau de l’espace tranquille

seule la neige dans les plis du Jura nous rappelle que l’hiver reste là prêt à frapper de gel les bourgeons délicats

 

la neige mes pensées la mention de diadia la querelle des corbeaux

       tout se mêle aux couleurs de la nuit

tout devient liquide comme la paix en ce printemps postcovide

qui va faire couler changer notre monde

 

serais-je aussi le présage d’un fléau ?

 

pourtant je suis là rescapé attiré par la vraie force majeure divine qui embrasse les cimes qui nous unira tous

une fois dans ses bras

la certitude d’être protégé est-ce un miracle?

 

c’est l’amour qui fait bouger les mondes déplacer les montagnes

pourquoi pas celle qui contient le bunker d’un certain monsieur P.

juste pour l’annihiler

par sa lumière

absolue

 

2

Merci Mon Dieu d’avoir voulu mieux nous préparer à l’éternité

Pour cela nous étions plongés durant deux années dans la solitude

C’était un peu triste mais juste pour bien réfléchir et même se repentir avec une muselière

        afin d’assurer le silence

       d’ailleurs ça sert à quoi les mots ?

 

Dès aujourd’hui le mot clé de la vie c’est la mort

Juste pour mieux apprécier son coût et son goût

Le goût de Ton pain quotidien

 

Ton Soleil solennel nous tire de la néandertalité crasse

éclairant les cadavres parsemés dans les rues de nos villes ruinées

 

les atrocités nous illustrent au mieux les révélations de Saint Jean

 

       les nazis russes à Berlin (ce début d’avril) fêtant les massacres               crachant aux visages des Berlinois nous pouvons répéter! Ils nous           poussent à prier

Fiat voluntas Tua, justitia Tua mon Bon Dieu

qu’abreuve nos sillons leur sang impur !

 

       Qu’un sang impur abreuve nos sillons! Nous pouvons répéter !

       N’est-ce pas, notre Bon Dieu?

--------------------------

 

on ne parlait que de ça depuis la fin de l’année passée

à la télé on montrait les manœuvres des troupeaux russes rôdant

autour des frontières de l`Ukraine qui n`existait jamais dans la tête d’un certain monsieur P.

tandis que les frontières russes ne se terminent nulle part

telle était une de ces élucubrations

voilà où gît la clé de ses mésaventures

au moins tout laisse penser à cela,

il croit que ce n’est qu’avec les Ricains qu'il pourrait discuter des frontières

du reste c’est quoi une frontière? une ficelle éphémère d’horizon

en la franchissant une nuit on la rompt sans souci sans se rendre même compte du fait…

surtout quand on est dans un char

 

une âme russe est tellement mystérieuse

qui pourrait la comprendre à vrai dire ça n’sert à personne ni à rien

toujours est-il ça veut de l’espace lebensraum

ça exige de l’alcool et du sang bloody mary à la russe

du maraudage ailleurs car la vie de l’au-delà n’offre pas de choix

qu’est-ce qu’on peut marauder au néant?

 

       mais revenons à nos moutons qui rôdaient

les photos aériennes démontraient que c’étaient de vrais loups déguisés les androphages décrits par Hérodote

les mass média parlaient déjà des dates précises

de l’attaque imminente

à Moscou on niait tout par habitude

avec une perfidie naturellement hybride

mais nous les futures victimes on ne voulait guerre y croire

comment donc est-ce possible?

mychebratia autrement dit on est lesfrèresprésumés

tiens, vraiment avec ceux-là ?

fragments de cellules nécrophiles enragés,

les sadiques saoulés

c’est pire que la peste! ça peut mordre!

alors comment veut-on y remédier ?

un tel voisin maudit soit-il c’est la vie mise en pause à jamais

 

oui, ils ont les armes pour détruire le monde

monsieur P. s’en vante souvent en les brandissant

caché dans un bled sous la terre

il console les russes ils n’ont rien à craindre

une fois brûlés ils s’envoleront vers l’Eden

seulement les russes

le destin des autres c’est l’enfer

le pire est qu’ils y croient presque tous

 

Cartago delenda est. Carthage est à détruire !

Un seul remède.

 

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B
La poésie ne meurt pas sous les bombes.
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